Sources : M. Kimani, Women struggle to secure land rights, Africa Renewal, Vol.22, p.10
L’économie, en Afrique, de même que l’alimentation, dépend presque entièrement des femmes. Elles représentent, selon l’ONU, près de la moitié de la main d’oeuvre agricole, et sont à l’origine de 80 à 90% de la transformation, du stockage, du transport des aliments, ainsi que des travaux de sardage et de désherbage.
Pourtant, leur accès à la terre est généralement difficile et compromis. Bien souvent, lorsqu’une femme perd son mari, elle perd également sa parcelle, qui était le seul moyen de subsistance de la famille. Une situation de vulnérabilité et de dépendance.
Elles vivent alors en marge de la société, contraintes à partir, et vendent des aliments dans la rue. Problèmes de logement et problèmes de sécurité alimentaire vont dès lors de pair.
Nombre d’entre elles sont alors obligées de se soumettre à la prostitution, et sont dès lors vulnérables aux problèmes de violence, de maltraitance, mais aussi aux risques de transmission du VIH/sida.
La femme africaine et les droits fonciers
Si les femmes n’ont jamais bénéficié de droits fonciers, elles étaient bien souvent protégées par la tradition, qui leur permettaient l’accès à la terre même après un divorce, une séparation ou un veuvage. Si la tradition n’était pas respectée, elles pouvaient alors avoir recours à un arbitrage traditionnel.
Mais, avec la colonisation, les concepts de propriétés privées et d’occupation des terres ont été introduits et généralisés. Les terres ont été divisées et privatisées. En parallèle, la démographie croissante a eu pour conséquence une exploitation excessive et un épuisement des terres. Une concurrence rude s’est formée autour des parcelles. Dès lors, les femmes eurent de moins en moins accès aux terres.
Bien souvent, un double système est effectif, rassemblant régimes traditionnels de propriété foncière et lois issues du modèle occidental.
Selon les femmes, il est temps aujourd’hui de clarifier et de modifier les lois. Les militants du droit des femmes à la terre poursuivent ce plaidoyer depuis des années, avec peu de résultats.
Les femmes réclament que ces droits fondamentaux soient inscrits dans la constitution, et que l’égalité des droits en matière de propriété soit juridiquement reconnue. Il s’agit, dans un premier temps, d’informer les femmes qu’elles ont des droits, et qu’elles peuvent les faire reconnaître, les utiliser. Implicitement, il s’agit aussi de revaloriser le rôle de la femme, qui pourtant, assume la presque entièreté de l’économie africaine. Un débat qui risque fort bien de durer…
Des avancées porteuses d’espoir
Des avancées ont déjà eu lieu. Comme au Rwanda, où le gouvernement a adopté en 1999 une loi qui donne aux femmes les mêmes droits d’héritage qu’aux hommes. Au Ghana, où la production de cacao a permis de donner des parcelles de terre aux femmes qui en deviennent propriétaires. Au Kenya encore, les terres saisies sont l’objet de négociations pour que les femmes puissent toujours y avoir accès. Au Swaziland, 13 parcelles de terre ont été octroyées à des veuves séropositives.
Des pistes à suivre …