Archive pour juillet 2008

Les consommateurs de manioc ont du souci à se faire

Dimanche 27 juillet 2008

source: www.alterglobalisation.com

La production d’éthanol à base de manioc menace particulièrement les plus démunis. Cette racine satisfait un tiers des besoins caloriques des populations d’Afrique subsaharienne et constitue l’aliment principal de plus de 200 millions d’Africains qui sont parmi les plus pauvres du continent. En raison de sa haute teneur en amidon, le manioc représente également une excellente source d’éthanol. A mesure que les techniques pour le transformer en carburant s’améliorent, de nombreux pays – dont la Chine, le Nigeria et la Thaïlande – envisagent d’y consacrer une part plus importante de leur récolte. Selon des études réalisées par la Banque mondiale et d’autres institutions, la consommation calorique des populations pauvres se réduit d’environ 0,5 % chaque fois que les prix moyens de tous les principaux produits alimentaires augmentent de 1 %. Si le prix d’une denrée augmente, on la remplace par une autre moins coûteuse, mais si elles subissent toutes le même sort, il n’existe plus de solution de repli.
Dans une étude sur la sécurité alimentaire dans le monde réalisée en 2003, nous avons calculé que, compte tenu des rythmes de croissance économique et démographique, le nombre de personnes affamées baisserait de 23 % (environ 625 millions d’individus) à l’horizon 2025, à condition que la productivité agricole s’améliore suffisamment pour stabiliser les prix alimentaires. Mais si, toutes choses égales par ailleurs, ces prix devaient augmenter à cause de la demande de biocarburants, comme le laissent penser les projections de l’IFPRI, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire augmenterait de plus de 16 millions d’individus pour chaque point de pourcentage de hausse des prix réels des denrées alimentaires de base. En d’autres termes, 1,2 milliard de personnes ne mangeraient plus à leur faim en 2025.

Tout cela pourquoi ? Pour des effets sur l’environnement fort limités. La culture du soja et surtout celle du maïs érode les sols, pollue les nappes phréatiques et exige de grandes quantités d’engrais, de pesticides et de carburant pour pousser, mais aussi lors de la récolte et du séchage. De plus, l’éthanol à base de maïs n’est pas un carburant très efficace. Selon les calculs du Laboratoire national d’Argonne et du Laboratoire national sur les énergies renouvelables [qui dépendent du gouvernement américain], le ratio énergétique net de l’essence, c’est-à-dire le rapport entre l’énergie qu’elle produit et celle nécessaire à sa production, est de 0,81, soit une consommation plus importante que la production. Pour l’éthanol à base de maïs, il est compris entre 1,25 et 1,35, ce qui est un peu mieux. Pour le diesel à base de pétrole, il est de 0,83, contre 1,93 à 3,21 pour le biodiesel obtenu à partir d’huile de soja (le biodiesel tiré des graisses des restaurants est probablement plus efficace). Par ailleurs, le cycle complet de production et d’utilisation d’éthanol à base de maïs émet moins de gaz à effet de serre que celui de l’essence, mais de 12 à 26 % seulement. Quant aux biodiesels, ils émettent 41 à 78 % de moins que le diesel classique. On peut retenir comme autre critère de comparaison les émissions de gaz à effet de serre par kilomètre parcouru par un véhicule, ce qui prend en compte la consommation relative de carburant. L’utilisation de mélanges d’essence contenant moins de 10 % d’éthanol à base de maïs, à la place d’essence pure, réduit les émissions de 2 %.

Si le mélange est composé à 85 % d’éthanol (ce qui n’est possible que pour des véhicules spécialement adaptés) la baisse est plus importante : 23 % s’il s’agit d’éthanol à base de maïs et 64 % s’il est obtenu à partir de cellulose. De même, le diesel contenant 2 % de biodiesel émet 1,6 % de gaz à effet de serre de moins que le diesel classique, et le biodiesel pur (réservé aux véhicules conçus à cet effet), 78 % de moins. D’un autre côté, le biodiesel peut accroître les émissions d’oxyde d’azote, qui contribue à la pollution de l’air.

Bref, les qualités “vertes” de l’éthanol et du biodiesel restent modestes s’ils sont fabriqués avec du maïs et du soja, des cultures gourmandes en énergie et extrêmement polluantes. En revanche, l’éthanol fabriqué entièrement avec de la cellulose (contenue dans les arbres, les herbes et d’autres végétaux) affiche un ratio énergétique situé entre 5 et 6 et émet 82 à 85 % de gaz à effet de serre de moins que l’essence. Mais, pour l’heure, les coûts de récolte, de transport ou de transformation restent élevés. Le directeur d’une usine d’éthanol dans le centre des Etats-Unis estime que, s’il utilisait du panic érigé, une graminée vivace dont on parle beaucoup en ce moment, il faudrait qu’un semi-remorque approvisionne l’usine toutes les six minutes, 24 heures sur 24. Compte tenu, en outre, des subventions qui favorisent l’emploi du maïs et du soja, il est irréaliste d’espérer que la cellulose apportera la solution avant dix ans.
Il suffirait toutefois de prendre aujourd’hui les bonnes décisions pour éclaircir l’avenir. Au lieu d’accorder toujours plus d’avantages fiscaux et de subventions aux biocarburants, le gouvernement américain ferait mieux de s’attacher sérieusement à réduire la consommation des véhicules, des logements et des usines. Il devrait aussi promouvoir les sources d’énergie renouvelables comme le solaire ou l’éolien, et investir dans la recherche pour améliorer l’efficacité des carburants dérivés de la cellulose. En mars, le ministère de l’Energie a annoncé qu’il investirait plus de 385 millions de dollars [285 millions d’euros] dans six usines de transformation de cellulose. Voilà un pas dans la bonne direction.

Virus mortel en voie d’éradication !

Samedi 26 juillet 2008

Envoyé par : “afonso barros” barrosafonso2000@yahoo.fr
Samedi 26. Juillet 2008 3:53

Vaccin contre le virus de l´Ebola

L´une des maladies les plus mortelles au monde, causée par le virus de l´Ebola, pourrait finalement être stoppée grâce à des chercheurs américains et canadiens, qui ont testé avec succès plusieurs vaccins contre l´Ebola sur des primates et cherchent aujourd´hui à les adapter à l´être humain.
Le docteur Anthony Sanchez - Centre for Disease Control & Prevention (Atlanta - Géorgie) - a présenté un aperçu du développement du vaccin contre l´Ebola, le lundi 31 mars 2008, au cours de la 162e réunion de la Society for General Microbiology, à l´Edinburg International Conférence Centre.
« La bio-menace posée par le virus de l´Ebola ne peut être négligée. Nous observons de plus en plus de cas de cette maladie mortelle. Avec le tourisme international, le virus peut être actuellement transporté de et à des régions reculées du monde. Il a également beaucoup de potentiel en tant qu´arme possible de bioterrorisme », estime le Dr Sanchez. « Nous avons désespérément besoin d´un vaccin de protection ».

A ce jour, plus de 1500 cas de fièvre hémorragique Ebola se sont présentés chez les êtres humains. La maladie se déclenche soudainement et les symptômes incluent : fièvre, céphalées, mal de gorge, faiblesse, douleurs musculaires et articulaires, diarrhée, vomissements et maux d´estomac. Des éruptions cutanées, des yeux injectés de sang et des hémorragies peuvent également se manifester. Le taux de mortalité avoisine les 90% chez les êtres humains.

Vu la dangerosité de ce virus, la production et le test d’un vaccin représente un véritable défi pour les scientifiques. Un facteur en particulier ralentit le progrès : il n´existe qu´un nombre limité d´installations de haut confinement ayant un personnel capable et autorisé à mener la recherche.

« Le virus de l´Ebola représente une menace d´un niveau de sécurité 4, de même que plusieurs autres virus causant des fièvres hémorragiques », indique le Dr Sanchez. « En plus de la difficulté à obtenir un personnel et des installations adéquates, des vaccins contre des virus tels que la fièvre Ebola, Marburg et Lassa ont été difficiles à produire car des virus simple « tués » qui ne déclenchent que la réaction des anticorps dans le sang, se sont avérés inefficaces. Pour ces virus, nous avons besoins d´une réaction médiée par les cellules, qui implique la production par nos corps de lymphocytes T avant que l´immunité soit assez forte pour empêcher ou éliminer une infection. »

Les chercheurs ont utilisé différentes techniques d´ADN recombinées qui ont déclenché une réaction médiée par les cellules et produit un vaccin efficace pour les primates. L´un des vaccins candidat est sur le point d´être testé pour la première fois sur l´Homme, après avoir été introduit en Phase I des essais cliniques à l´automne 2006.

« Les singes survivent rarement à l´infection et ont été très utiles ; les essais sur le vaccin contre l´Ebola portant sur eux ont fourni des résultats non ambigus et ont permis de progresser rapidement, » signale le Dr Sanchez. « Si les essais humains réussissent, cela voudra dire que nous pouvons vacciner les prestataires de soins de santé, ainsi que tous les personnels importants durant des épidémies de fièvre hémorragique Ebola, nous aidant ainsi à protéger leurs vies et à contrôler l´expansion de la maladie ».

L´équipe américaine espère que les conclusions de leurs études fourniront des informations importantes qui amélioreront ou accélèreront le développement futur de vaccins contre d´autres virus causant des fièvres hémorragiques, tels que le virus de Marburg et des agents tels que le VIH et la grippe aviaire.

PEUPLES SOLIDAIRES

Lundi 7 juillet 2008

La fédération Peuples Solidaires est une association de solidarité internationale (ASI) née en 1983 de la fusion entre deux mouvements : le Mouvement 1% Tiers-monde pour un Développement Solidaire (créé en 1974) et l’Union des Comités pour le Développement des Peuples - UCODEP (créée en 1972).
Peuples Solidaires fédère des adhérents individuels et des groupes locaux qui souhaitent agir pour un “développement solidaire de tous les peuples”. Elle regroupe 80 associations locales, 300 adhérents individuels et 7 500 personnes participent aux campagnes de son Réseau-Solidarité.
Quatre axes forts caractérisent l’action de Peuples Solidaires :

Partenariats
Les groupes de la Fédération mènent avec des communautés du Sud des actions de formation et d’accès au crédit, d’appui aux initiatives économiques, de développement rural, de scolarisation… Au-delà de ces “relations directes”, la fédération a des partenariats d’envergure avec des organisations d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie.
Droits économiques, sociaux et culturels
Peuples Solidaires milite pour mettre l’économie au service de l’homme : cela passe par la promotion d’échanges Nord-Sud plus équitables, l’annulation de la dette, la réforme des Institutions financières internationales, la Responsabilité sociale des entreprises… La fédération agit notamment par le biais des campagnes de lettres de son Réseau-Solidarité qui défendent des hommes et des femmes du Sud dont les droits économiques, sociaux et culturels sont bafoués.
Education a la citoyenneté internationalePour que nos concitoyens perçoivent l’urgence qu’il y a à construire un monde solidaire, le travail de sensibilisation et d’éducation à mener est essentiel. Enfants, jeunes, adultes… Peuples Solidaires s’adresse à tous les publics. La fédération co-édite Altermondes, revue de la solidarité internationale, publie des livres et outils pédagogiques, organise des formations, et participe à des campagnes nationales d’informations et de mobilisations.
Fédéralisme
Notre fédéralisme, c’est la rencontre d’adhérents individuels et d’associations autonomes pour mettre en commun les idées, jouer des complémentarités. C’est aussi permettre à chacun de se dépasser, de s’unir pour peser dans les débats liés à la mondialisation. Les militants s’impliquent dans les commissions de travail, les réseaux et les instances nationales. Le travail en commun avec d’autres organisations est un principe de la fédération. Les groupes locaux participent aux coordinations régionales, la Fédération est membre fondateur du Crid (Centre de recherche et d’information sur le développement) et s’investit dans de nombreux Collectifs tant au niveau national qu’international.

Voir en ligne : Peuples solidaires

Souveraineté alimentaire

Lundi 7 juillet 2008

Quelques pistes, des liens utiles et des brochures.

Forum des peuples

Jeudi 3 juillet 2008

Le forum des peuples est une manifestation annuelle organisée depuis 2002 au Mali par la Coalition des alternatives africaines dettes et développement (CAD-Mali) réunissant les «altermondialistes» des pays en développement. Il se veut un contre sommet africain au G8.

La 7e édition du Forum des peuples se tiendra à Koulikoro, la deuxième région administrative du Mali, du 6 au 9 Juillet 2008.

Cette année le forum enregistrera d’importantes innovations notamment :

  • l’Univers des femmes
  • L’Espace Jeunesse
  • L’Espace Paysan

Cette septième édition se fera avec la participation de Mille Cent Dix (1 110) délégués dont neuf cent quarante cinq (945) en provenance des OSCs du Mali, cent (100) d’Afrique, cinquante (50) d’Europe, d’Asie cinq (05) et d’Amérique latine dix (10).

Pour en savoir plus : http://www.forumdespeuples.org/

La collection « PROBLÉMATIQUES AFRICAINES »

Mercredi 2 juillet 2008

Une collection à paraître aux éditions L’HARMATTAN Sous la direction du Professeur Lucien AYISSI

La Collection « Problématiques Africaines » que le professeur AYISSI souhaite créer et diriger au sein des Éditions L’Harmattan, se définit comme un cadre éditorial réservé aux penseurs africains et africanistes. Il est destiné à la publication des manuscrits portant sur des thématiques relevant de la philosophie morale et politique. Relativement à l’Afrique, nous pensons que la philosophie morale et politique surabonde de problématiques dont les divers modes de traitement théorique méritent d’être publiés aux Éditions L’Harmattan, à la seule condition que leur pertinence conceptuelle soit avérée et que la bonne qualité scientifique des travaux à publier soit garantie par leurs auteurs. Assurer aux divers modes de conceptualisation des problèmes éthiques et politiques qui se posent aujourd’hui au continent africain une diffusion à la fois très étendue et très efficace à travers les Éditions L’Harmattan, tel est le principal objectif de la Collection « Problématiques Africaines ».

1 - Ambitions scientifiques de la Collection

Si les ambitions majeures de la Collection « Problématiques Africaines » consistent, pour l’essentiel, à penser, pour leur meilleure intelligibilité, les risques de désintégration que courent les États multi-ethniques d’Afrique dont la gestion politique de l’hétérogénéité identitaire est souvent fort problématique et à étudier les remous socio-politiques et les problèmes de développement que connaît le continent africain ; cette collection cherche surtout à promouvoir la pensée relative au devenir et même à l’avenir éthique et politique de l’Afrique dans un monde dont on proclame de plus en plus la fin de l’histoire et de la géographie. C’est effectivement dans ce monde dont l’espace-temps est considérablement compressé qu’il importe aux penseurs africains et africanistes de réfléchir sur les conditions de possibilité de la libre participation, sur la base de son fonds culturel, de cette partie du monde dans une dynamique politique et économique globale dont elle se contente jusque-là de subir les effets.

L’enjeu principal de cette pensée à promouvoir est la réappropriation conceptuelle, par les penseurs africains ou africanistes (philosophes, sociologues, anthropologues, politologues, et autres hommes de culture), d’un débat qui est souvent mené ou animé ailleurs par d’autres, mais dont les conclusions trouvent généralement dans le continent africain, leur champ d’application ou d’expérimentation.

En servant de support éditorial à l’appropriation et au développement d’un débat dont les penseurs africains et africanistes pourront rénover les concepts clés et actualiser les problématiques, la Collection « Problématiques Africaines » veut contribuer à la correction de l’hétéronomie intellectuelle et idéologique dont l’Afrique est encore l’objet.

La pensée à promouvoir doit notamment s’articuler, dans la perspective de la justice et de la paix, autour de la « paradigmologie » éthique et politique en vigueur, donc aux questions liées aux droits de l’homme, à l’incidence de la démocratie sur la libération de l’espace politique et à l’aspiration des Africains à actualiser leur humanité et à exister comme de véritables citoyens du monde, à la gouvernance, c’est-à-dire à la définition des meilleures conditions de possibilité politique de l’expression des préférences particulières des citoyens ou des divers groupes ethno-identitaires, en référence aux normes républicaines qui régissent tout État de droit digne de ce nom.

Cette pensée peut également interroger les différentes approches développementalistes connues pour contribuer à une meilleure compréhension du problème de développement de l’Afrique à partir d’une réévaluation radicale des problématiques relevant de l’afro-pessimisme ou de l’afro-optimisme. Cela passe par une vaste réflexion portant sur les modalités de la construction théorique des principes normatifs devant fonder le vivre-ensemble en Afrique et sur les modalités éthiques et politiques de la gestion de la différence dans un contexte où la précarité, aggravée par la mal-gouvernance et les politiques d’ajustement structurel, fait souvent le lit soit de l’ensauvagement de l’espace politique transmué en surface de prédation, soit de la conflictualité, quand la pauvreté morale consécutive à cette précarité ne fait pas que le continent africain soit souvent en demande de providence politique et économique auprès de l’Occident ou de l’Orient.

En mettant en valeur les concepts construits à partir de l’existant éthique et politique africain, mais dans le sens d’une prospective chargée de promesses de solutions pouvant réformer ou révolutionner l’être-au-monde de l’Afrique et des Africains, la Collection « Problématiques Africaines » a également l’ambition d’être un important espace scientifique susceptible de rendre de plus en plus présente l’Afrique dans les débats mondiaux relatifs à l’éthique et la politique. En servant de cadre d’expression ou en jouant le rôle de forum pour ceux des penseurs africains ou africanistes qui veulent participer à la problématisation morale et politique du devenir et même de l’avenir de l’Afrique, la Collection « Problématiques Africaines » veut, à terme, se constituer comme un cadre de réflexion disposant d’une expertise scientifique de référence qui peut être sollicitée non seulement par des décideurs politiques, mais aussi par des organismes désireux d’accéder à la bonne intelligibilité des problèmes éthiques et politiques d’une Afrique tiraillée par la tradition et la modernité, mais qui fait aussi face aux pressions idéologiques d’une postmodernité dont elle a du mal à concilier l’offre axiologique avec ses propres valeurs culturelles.

2 - Modalités de réalisation des ambitions scientifiques de la Collection

La Collection « Problématiques Africaines » entend réaliser ses ambitions scientifiques en servant de cadre d’analyse de l’expérience socio-politique africaine et en interrogeant l’histoire des idées morales et politiques pour vérifier, à la lumière des défis culturels et politiques que l’Afrique doit relever face au développement, à l’actualisation de la citoyenneté et de l’humanité des Africains dans l’histoire et aux impératifs de la mondialisation, la pertinence actuelle des doctrines philosophiques, sociologiques ou anthropologiques qu’une telle histoire présente.

Elle veut également y parvenir en interrogeant les références éthiques et les paradigmes politiques qui sont très souvent présentés ou imposés à l’Afrique, dans le sens de la libre (re)construction des normes d’une éthique du développement et du vivre-ensemble, adaptées à une Afrique qui, bien que ne pouvant pas s’ « insulariser » dans un monde de plus en plus ouvert, a une identité culturelle à préserver contre la tendance de la mondialisation au gommage de la différence.

Pour atteindre ces objectifs, il s’agira donc, pour la Collection :

  1. de motiver, à travers une importante opération de promotion médiatique de ladite Collection, les penseurs africains ou africanistes à élaborer davantage de réflexions conceptuellement innovantes et bien structurées sur les questions d’ordre éthique et politique, donc pouvant enrichir, dans l’interdisciplinarité, un débat qui tend à se scléroser autour des thèmes idéologiques classiques parce que bien connus, mais dont l’obsolescence semble frapper de discrédit les discours traditionnels qui les remuent et les véhiculent ;
  2. d’encourager et d’entretenir la réflexion à travers des colloques, des conférences ou des tables-rondes portant sur les questions relatives à l’éthique et à la politique, mais dont le centre d’intérêt est principalement l’Afrique, de manière à inciter les penseurs africains et africanistes à renouveler constamment leurs concepts et à  produire des textes de bonne facture scientifique dans ce domaine ;
  3. de procéder à de réguliers appels à contribution autour des problématiques relevant de la philosophie morale et politique dans le sens de la publication aux Éditions L’Harmattan d’ouvrages collectifs sous la direction scientifique d’intellectuels de renom ;
  4. d’effectuer constamment la « chasse » aux manuscrits traitant des questions d’éthique et de politique se rapportant à l’Afrique ;
  5. de solliciter et d’exploiter toutes les expertises disponibles dans le domaine pour une évaluation rapide et objective des divers manuscrits présentés ;
  6. de faire connaître, pour leur bonne circulation, les savoirs ainsi produits à travers non seulement les canaux de diffusion des Éditions L’Harmattan, mais aussi à travers les médias.

En somme, c’est surtout par des publications susceptibles non seulement de faire honneur aux penseurs africains et africanistes qui interviennent dans ce cadre éditorial dans les autres espaces scientifiques du village planétaire, mais aussi par celles qui sont capables d’assurer le prestige des Éditions L’Harmattan dans un monde de plus en plus ouvert sous l’effet de la mondialisation, que la Collection « Problématiques Africaines » veut parvenir à réaliser pleinement ses nobles ambitions scientifiques, afin que se développe davantage, pour le progrès de la science et de l’humanité, le dialogue des cultures dans le cadre duquel la présence de l’Afrique et la contribution des penseurs africains et africanistes doivent être de très bonne qualité.

Pour plus d’info, visitez le site web des éditions L’harmattan

Eau en sachet à vendre …

Mercredi 2 juillet 2008

source : Le Potentiel (Kinshasa) - Regine Kiala - 01/07/2008

Dans les rues et les marchés de la capitale, de nombreux enfants vendent de l’eau en sachet pour nourrir leurs familles.

«Eau pire ou eau pi » (eau pure). C’est ainsi que s’égosillent, toute la journée, des enfants dont certains n’ont que 9 ans, dans le brouhaha du marché Central de Kinshasa.
« Mon employeur prend les recettes de 3 jours et moi je prends celles de 3 autres jours » a fait savoir Fiston Soko, un mineur de 11 ans. Il a précisé que les autres enfants vendeurs sont payés en pourcentage du nombre de paquets vendus. Généralement, dit-il, nous nous approvisionnons aux alentours du marché Central.

Transportant de lourdes charges sur la tête, ces enfants dont l’âge varie entre 9 et 15 ans vendent le sachet d’eau 50 FC la pièce. Les personnes qui fréquentent le marché central sont leurs clients de prédilection.
Après son repas, une vendeuse de bijoux appelle l’un d’eux et prend un sachet. « Je ne peux ouvrir tout de suite mon sac. Mes mains sont sales », lui dit-elle, en palpant l’eau. « Repasse tantôt retirer l’argent. D’ailleurs, ton eau est chaude », ajoute-t-elle.

Les Ouest-Africains (Sénégalais, Maliens, etc.) emploient bon nombre de ces enfants. Ils les hébergent pendant une semaine, voire tout un mois. Ensuite, ces enfants regagnent le toit parental avec des poches remplies.
«Moi, je passe un mois auprès de mon patron. Question de réunir beaucoup d’argent pour laisser la provision à ma famille. Par semaine, je gagne plus de 50 dollars américains», affirme Christian Senga, un adolescent de 15 ans.
L’adolescent fait partie d’un groupe de 4 enfants dont les parents sont chômeurs ou vigiles. Ils habitent la périphérie de Kinshasa. Le plus petit d’entre-eux, Fiston Bola, se dit orphelin de père et de mère.
«J’exerce mon métier ambulant, depuis 2 ans. Je passe la nuit au marché Central. L’argent que je gagne me permet d’acheter à manger et de m’habiller ». Et d’ajouter : «les jours où se jouent les grands matches de football, je sillonne les alentours du stade ; je réalise ainsi de bonnes affaires car je ne partage cet argent avec personne».

Des centaines d’enfants vivent de ce système qui est courant dans bien des marchés de Kinshasa.
Pour un grossiste en eau, habitant près du marché Central de Kinshasa, ces enfants proviennent essentiellement des familles en dislocation ou des familles d’accueil. Ils vendent de l’eau pour contribuer à la survie des ménages.

Un responsable du marché Central de Kinshasa, qui a requis l’anonymat, observe cette situation depuis les années 1990. Il explique que ces petits débrouillards sont plus nombreux dans les marchés entre les mois de septembre et de mai, pendant la saison des pluies.
Durant cette période, en effet, il fait particulièrement chaud dans la capitale congolaise et la population consomme beaucoup d’eau pour étancher la soif.

ENFANT A L’ECOLE, NON DANS LA RUE
Pour alléger le dur labeur de ces enfants évalués à plus d’un millier au marché Central, le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Il doit faire appliquer les droits des enfants et les prendre en charge dans la mesure du possible.
«Dans la rue, ces enfants vivent de multiples maux : la violence, la prostitution, le manque d’hygiène, la malnutrition, l’exploitation, la drogue, la déperdition scolaire, la désintégration familiale, la solitude et le manque d’affection de la part de leurs familles et de la société qui, fuyant ses responsabilités, les qualifie de sorciers », a déclaré un responsable du marché, sous couvert d’anonymat.

Il a, en outre, signalé que le rôle et les responsabilités du gouvernement se définissent par rapport aux dispositions prévues par la protection légale et sociale de l’enfant. Pour lui, le gouvernement manque de politique nationale globale pour l’enfance ainsi qu’un cadre d’intervention intégré au plan d’actions pour la protection de l’enfant congolais.

L’inquiétude majeure réside dans le fait que les défenseurs des droits de l’enfant sont plus focalisés sur les violences sexuelles faites aux enfants alors que ce phénomène d’enfants vendeurs d’eau est aussi une forme de violence.
Les ONG ne s’y intéressent pratiquement pas. Le jour où le phénomène prendra de l’ampleur, les activistes des droits de l’homme se réveilleront pour dire à ces enfants d’abandonner ce métier car leur place n’est pas dans la rue mais à l’école.